différence entre la littérature française et la littérature francophone

Dans lesfoyers belge, néerlandais et scandinave, les études consacrées à l’Afrique noire débutent dans les années 1960-70. 27Étant donné l’implication d’une certaine tranche de l’intelligentsia française des années 1950-1960 dans les mouvements anticolonialistes, on ne peut affirmer sans du même coup relativiser, l’idée d’une pensée post-coloniale en France comme entièrement novatrice. Il s’agira ainsi d’ouvrir la recherche aux autres langues en contact avec le français à travers les littératures francophones, de renouveler les perspectives critiques et de se tourner vers des territoires souvent délaissés en vue de proposer des regards croisés sur l’Amérique Latine, la Louisiane, ou la Polynésie, pour les ère francophones mais aussi au delà avec une histoire comparée des littératures postcoloniales anglaises, néerlandaises, espagnoles et portugaises. C’est le cas du Québec, de la Belgique et dans une certaine mesure de la Suisse. Bien que les configurations de cette nouvelle dénomination ne convainquent guère les critiques, le pouvoir symbolique contenu dans cette manifestation est indicateur de certaines équivoques sémantiques quelque peu malaisées à cerner aux premiers abords. En d’autres termes, nous sommes face à un système disciplinaire où la différence préfixale entre production et reproduction de la connaissance devient cardinale : s’agit-il de construire autour de la transmission de certaines pratiques exégétiques de la littérature une aura sacro-sainte intouchable ou de soumettre l’analyse de la littérature à des questionnements renouvelés susceptibles d’éclairer notre compréhension de la culture dans laquelle elle baigne à un moment donné de l’axe historique ? Il s’agit de comprendre quelles notions symboliques et formelles ont été construites autour de chacune d’elles à travers l’histoire et les territoires concernés. Absentes des épreuves du CAPES, à cheval entre les 9e (Langue et littérature française) et 10e (Littérature comparées) sections du C.N.U., les littératures francophones convoient-elles des valeurs dignes de les constituer en discipline ? Mais plus important : « Quelle histoire la littérature considère et configure-t-elle ? And diversity, not uniformity, is the real result of globalization.”14. La notion de littératures francophones, distinctes de la tradition littéraire française, s’est progressivement affirmée dans la seconde moitié du xx e siècle. de Lieven D’HULST, Jean-Marc MOURA, Lille, Travaux du Conseil Scientifique de l’Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 2003. Selon Élizabeth Mudimbe-Boyi, l’émergence de voix africaines coïncide avec celle d’un discours d’auto-représentation, mais aussi avec un retournement de voix et de regards sur l’Europe – c’est le locus enunciationis auquel faisait référence Jean-Paul Sartre dans Orphée noir33. 39  Cité dans Fonkoua, « Les littératures du Sud dans les pays du Nord : état des études et de la recherche », art. POLET (Jean-Claude), « Périodisation et grands ensembles littéraires. Que peut-on escompter d’un modèle littéraire prônant le décentrement d’une telle perspective à la faveur d’une pensée polycentrique qui se ferait le reflet des réalités vécues dans le monde francophone ? de Didier Alexandre, Michel Collot, Jean-Yves Guérin et Michel Murat, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2005, p. 131-141 ; voir, dans ce même volume Anne Douaire, « La francophonie », ibid., p. 123-130. canadiennes: les littératures acadienne, franco-ontarienne et francophone de l'O. Un basculement en cette direction ne peut être effectif que s’il s’accompagne de bouleversement dans les pratiques institutionnelles (organisation des carrières et de l’enseignement), avec dans son sillon une révision de l’encadrement scientifique. La mutation d’époque force l’institution d’une discipline littéraire francophone à se muer en appel à une révision de l’histoire littéraire à partir d’une refonte hors la nation et hors la langue : « ces réalités politiques, tout extrinsèques qu’elles soient aux réalités littéraires, ne leur sont point étrangères. 19  Roland Barthes, Le Degré zéro de l’écriture, Paris, Éditions du Seuil, 1953, p. 42. de LEBRIS (Michel) & ROUAUD (Jean), Paris, Gallimard, 2007. Études post-coloniales et francophones campent donc chacune dans les tranchées de persuasions intellectuelles adverses. BANETH-NOUAILHETAS (Émilienne), « Énigmes postcoloniales : des disciplines aux institutions », Littérature, vol 145, n° 2, 2009, p. 25-34. 4Une telle opération est difficilement tenable dans la mesure où elle entretient une confusion entre langue et identité. 11  Ces points sont développés dans Jean-Yves Mollier, « Histoire culturelle et histoire littéraire », Revue d’histoire littéraire de la France, vol. L'usage du mot « littérature francophone » ou « écrivain francophone » aboutit à un effet paradoxal, contraire au but recherché. Flora Veit-Wild, « Les études de littérature africaine : défi ou défaut ? Toutefois, il est indéniable que désir d’unité nationale et désir d’hospitalité continuent à se heurter frontalement.Pour la critique Mireille Rosello, la littérature française est incontestablement un champ miné, avec en son sein des lettres francophones qui, loin de constituer une nouvelle frontière, agrandissent néanmoins les distances entre différents territoires pédagogiques25. L'expression « littérature francophone », qui est censée rassembler toute la littérature écrite en langue française est devenue un mot qui divise. L ittérature francophone, littératures francophones, littératures mineures, littérature périphérique : les termes abondent pour qualifier cet objet, mais aucun ne fonctionne vraiment et n’a réussi à faire ses preuves. Bien plus qu’une appréciation esthétique, l’intérêt des textes officiels pour la littérature française est motivé par la nécessité d’unifier un enseignement qui revêt des enjeux politiques et économiques devant la ferveur nationaliste de la Monarchie de Juillet : une élite nouvelle est indispensable pour faire face aux besoins de la révolution industrielle. Tirant parti de ce défi et de cet enrichissement, le projet 2010-2013 propose une réorganisation en quatre axes qui présentent l’avantage d’une plus grande lisibilité des différentes composantes : « Francophonies littéraires du sud », « Anthropologie culturelle de l’Europe et Francophonie est-européenne », « Littérature française, transmission littéraire et dialogues interculturels », « Langages, société, communication, didactique »22. Parallèlement à celle de la définition, la question de la. 31  Jean Jonassaint, « Sur un champ miné de bonnes intentions : Francophone Postcolonial Studies », Francophone Postcolonial Studies, vol. AHMAD (Aijaz), « The politics of literary postcoloniality », Contemporary Postcolonial Theory a Reader, London, Arnold, 1996, p. 280-281. Selon Élizabeth Mudimbe-Boyi, l’émergence de voix africaines coïncide avec celle d’un discours d’auto-représentation, mais aussi avec un retournement de voix et de regards sur l’Europe – c’est le, auquel faisait référence Jean-Paul Sartre dans. de Musanji Ngalasso-Mwatha, Virginia Coulon et Alain Ricard, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2007, p. 239-248. études rassemblées par Lieven D’hulst et Jean-Marc Moura, Lille, Travaux du Conseil Scientifique de l’Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 2003. 7C’est au cours du xviiie siècle que se constitue en France le corpus des « classiques » à travers les pratiques développées dans les collèges et universités7. En 2006, le centre se développe autour de deux axes : « Littérature et savoir : Europe/Afrique/Antilles » et « Langues/Textes, diversité linguistique et culturelle ». On peut rappeler parmi les plus notables le fait que  maintenir un paradigme colonial à travers lequel l’Afrique et l’Asie sont vus comme des objets dénués d’. Si, ainsi que l’affirme Tzvetan Todorov, « il n’y a pas d’identité sans mémoire », cette mémoire passe certes par la commémoration, mais trouve également des repères dans le littéraire. 3 A. Khatibi, Maghreb pluriel, p. 188.; 1 La littérature française a cessé d’être française, tout en n’étant pas encore mondiale. Pour reprendre les termes de Mbembe, les signes des temps sont la « circulation du sens », et le « partage des singularités ». BAYART (Jean-François), Les Études postcoloniales, un carnaval académique, Paris, Karthala, 2010. À ces moments-là, les controverses sur le choix des auteurs enseigner à l’école prennent une envergure d’ordre historique car elles témoignent des débats plus larges qui mènent à une considérable redéfinition de la culture, voire de la société. 30  Michel Beniamino, « La francophonie littéraire », Les Études littéraires francophones : état des lieux, études rassemblées par Lieven D’hulst et Jean-Marc Moura, Lille, Travaux du Conseil Scientifique de l’Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 2003, p.15-24. » Pour la seule année 2006, les revues en langue française Contretemps, Esprit, Hérodote, Labyrinthe et Multitudes consacrent au sujet post-colonial des numéros spéciaux. L’attitude offensive des signataires appelant à la contestation du système établi ne peut que faire ressortir les enjeux de la préservation du dit ‘système’. Centres et universités Outre-Atlantique attirent les meilleurs penseurs et écrivains francophones parmi leurs rangs : Evelyne Accad (University of Illinois), Maryse Condé (Columbia University), Assia Djébar (NYU), Emmanuel Dongala (Bard College), Édouard Glissant (CUNY), Valentin Mudimbe (Duke), Abdelhak Serhane (USL), Michel Serres (Stanford), et Monique Wittig (University of Arizona), Alain Mabanckou (UCLA)38. 7  Michel Leroy, « La littérature française dans les instructions officielles au xixe siècle », Revue d’histoire littéraire de la France, vol. Cela a pu s’avérer une pratique efficace au xixe siècle, cependant en vue des nouvelles problématiques d’une culture mondialisée, les modes de côtoiement de l’Autre sont au cœur d’un nouvel humanisme dessiné par une dynamique d’identités complexes et migrantes. Toutefois, la présence de la littérature francophone reste diversement accueillie et marquée selon les goûts et préférences de groupes de chercheurs auxquels l’enseignement de ces littératures tient à cœur. SPEARS (Thomas), « Variation sur la langue de Molière : l’enseignement du français aux États-Unis », Présence Francophone, n° 60, 2003, p. 12-39. Une page de Wikipédia, l'encyclopédie libre. L’imagerie coloniale se poursuit  dans le roman de l’ère victorienne et dans les récits exotiques du romantisme français. La majeure partie des œuvres francophones commence à apparaître dans les programmes en France à partir des années 1980. VEIT-WILD (Flora), « Les études de littérature africaine : défi ou défaut ? Is it any good? (Programme approuvé par le Ministère de l’Enseignement, de la Recherche et de l’Innovation décision publiée dans le Moniteur Officiel, Ire partie, n° 610/18.VIII.2008) Langue française, didactique et littératures dans l’espace La nécessité de ce débat recoupe non seulement les valeurs humanistes que prétend défendre la tradition savante et littéraire à la française mais aussi le géopolitique. Les plus grandes universités d’état et privées américaines deviennent les nouveaux lieux de résidence pour les littératures francophones. ; c'est pourquoi … Cette question appelle une longue explication que le renoncement à sa nomination même commence à éclairer. LEROY (Michel), « La littérature française dans les instructions officielles au xixe siècle », Revue d’histoire littéraire de la France, vol. Même traitement en francophonie avec Jules Verne ou Pierre Loti. 14La querelle à laquelle Dejean fait allusion se décline sur fond d’un paysage universitaire français offrant une gradation de l’investissement structurel à la refonte d’un nouvel espace francophone21. Elles entrent, en vérité, dans un parallélisme de rythmes avec les évolutions de l’histoire littéraire49 ». Idée par ailleurs prolongée par les propos de Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF : “The truth,” Mr. Diouf said the other morning, “is that the future of the French language is now in Africa.” There and elsewhere, from Belgium to Benin, Lebanon to St. Lucia, the Seychelles to Switzerland, Togo to Tunisia, French is just one among several languages, sometimes, as in Cameroon, one among hundreds of them. This means that for writers from these places French is a choice, not necessarily signifying fealty, political, cultural or otherwise, to France. « Références », 2007. Cette évolution vers une économie marchande de l’université n’a certainement pas aidé à apaiser la désaffection qui touche les humanités et s’observe à travers la chute des effectifs et la dégradation des départements de littérature et de langues en particulier. 1, n° 2, 2003, p. 83-93. 10  Voir l’ouvrage de Paul Aron et Alain Viala, L’Enseignement littéraire, Paris, PUF, 2005. L’université Paris-Sorbonne (Paris IV) accueille depuis 1974 le Centre International d’Études Francophones, institué par le célèbre africaniste Jacques Chevrier, aujourd’hui dirigé par le professeur Beïda Chikhi. L’un des problèmes de cette métaphorisation spatiale réside dans le fait d’impliquer l’idée de frontière30. 3  Voir Nicolas Gachon « De la légitimité des sciences humaines dans l’économie du savoir »,Le Français à l’université, 13eannée, n° 4, p. 2-3. 37, n° 2, 2001, p. 13-31. *Remarque: des livres en PDF sur le sujet sont disponible ci-dessous. Pour donner un ordre de comparaison, à l’université de Cergy-Pontoise, l’enseignement des textes francophones est obligatoire dans les cycles de Lettres Modernes grâce, entre autres, à la création du Centre de Recherche Textes et Francophonies (CRTF), nouvelle dénomination du Centre de Recherche Texte et Histoire (CRTH), créé en 1992. Durant les quarante années suivant leur création, les départements de français au niveau universitaire se voient allouer des chaires selon une division par siècles que recoupe l’histoire littéraire. Bien que d’autres séquences chronologiquessoient suggérées (1794-1830 ; 1830-1848 ; 1848-1914) dans des ouvrages tels Le Manuel d’histoire littéraire ou L’Histoire littéraire de la France, le littéraire se cristallise à travers le lancement de la série des manuels de Pierre Lagarde et Laurent Michard comme une liste de courants esthétiques jalonnant les siècles par une périodisation régulière11. 32  « Pourquoi enseigner la littérature francophone africaine ? » (Aijaz Ahmad, « The politics of literary postcoloniality », dans Padmin Miongiap, Contemporary Postcolonial Theory a Reader, London, Arnold, 1996, p. 280-281). Dans ces mondes créoles, la prégnance des problématiques identitaires oblige à transcender les cloisonnements disciplinaires et à privilégier une approche tout à la fois spécifique et plurielle24. La littérature francophone est-t-elle également à l'origine de notions sociales et a-t-elle une influence sur d'autres pays du globe? 1 Voir l’entrevue de Camille de Toledo avec John Jefferson Selve, et ses reproches aux créateurs fran ; 2 L. Gauvin, Langagement. Au Qc, l'appellation « Littérature québécoise » prévaut depuis la fin des années 60. Redécouvrir des figures dont l’héritage est controversé à l’instar de l’ethnologue allemand Léo Frobénius et ses campagnes en Guiné forestière, ou encore l’école de Marcel Griaule sur la culture Dogon. On y substitue le concept de « littérature-monde » en français. 12  Donald Morrison, « In Search of Lost Time », Time Magazine, novembre 2007. 48  Alain Caillé, « Université, disciplinarité et interdisciplinarité », Revue du MAUSS permanente, 11 juin 2009 [en ligne] http://www.journaldumauss.net/spip.php?article523. Alors que pour les seconds, l’idéal d’un canon multiculturel transformé de l’intérieur ne peut que mettre à jour les pratiques d’archivage d’une culture occidentale qui a su se construire des frontières présentant tout élément extérieur comme une « altérité radicale ». 38  Voir l’article de Thomas Spears, « Variation sur la langue de Molière : l’enseignement du français aux États-Unis », Présence Francophone, n° 60, 2003, p. 12-39. En dépit du poids de la tradition, la tendance est à questionner l’utilité de l’étude des sciences humaines pour elles-mêmes sans les assujettir au service d’autres compétences dont la cote sociale n’est plus à défendre2. 20Ainsi qu’il a été fait allusion précédemment, il faudra attendre 2007 pour que les voix de longue date dissidentes s’organisent en un mouvement contestataire similaire à celui mené une vingtaine d’années auparavant contre la formation d’une littérature dite du « Commonwealth » et annoncent la mort de sa comparse francophone. Dans le désir d’interroger le mutationnisme gestionnaire dans le monde universitaire français, nous retenons pour ce travail l’examen de la construction disciplinaire polarisée entre littérature française et littérature francophone. Dans un même esprit dénonciateur de la « farce » post-coloniale, paraît en janvier 2010 l’ouvrage de Jean-François Bayart, Les Études postcoloniales, un carnaval académique. What’s the use of it? Par-delà la critique de la francophonie, le livre pourfend le formalisme et le narcissisme de la production française contemporaine qui serait devenue « sourde et aveugle à la course du monde », à la différence de la littérature d’Outre-Manche, « bruyante, colorée, métissée », plus à même de dire le monde. A vrai dire, il s’agit plus de la penser en termes de dé-nationalisation et re-territorialisation que de lui conférer ses derniers sacrements. La plupart des chercheurs de ces domaines littéraires se sont regroupés au sein de l’APELA (Association pour l’étude des littératures d’Afrique) depuis 1984 et, depuis 2000, autour de la SOFRELIF (Société française d’études littéraires francophones). Ainsi que l’a relevé Michel Beniamino, la référence à la francophonie sous l’égide d’espaces géographiques permet de passer sous silence une histoire souvent conflictuelle avec l’histoire métropolitaine. Le tournant idéologique au sein de ce débat est de savoir si le mode opératoire suivant la transmission historique, générique et chronologique qui a gouverné l’enseignement littéraire depuis le xixe siècle est aujourd’hui en phase avec une tendance croissante dont le principe est de considérer la littérature comme structure apparentée, voire intégrée, à l’actualité culturelle. En dehors du Qc, cependant, l'ancienne désignation -- littérature canadienne-française -- n'est pas disparue; les historiens québécois eux-mêmes continuent de l'appliquer aux littératures de langue française des autres prov. Certes, ce renversement des discours habituels sur le rapport français/francophone saccompagne dune précision de taille : Cependant, la non-fiction contenant des faits et des informations est également considérée comme faisant partie de la littérature.. Différence entre langue et littérature Définition. De nombreux textes et extraits sont aussi disponibles. L’Université de Cergy-Pontoise – et par conséquent le CRTF – ont connu en 2007 un profond bouleversement avec l’intégration de l’IUFM et le rattachement de nombreux enseignants-chercheurs. Entre 1880 et 1925, la construction de facultés de Lettres au sein des anciennes facultés des Arts, vient renforcer le compagnonnage entre ces deux idéologies10. Aux yeux de nombreux, la littérature française essuie les revers d’un penchant mal toléré pour de multiples formes de nombrilisme, d’intellectualisme et de « parisianisme » qui finirent par la couper du monde même lui donnant sens et existence. Depuis sa fondation en 1972, l’université de Bayreuth accueille le centre d’études africaines le plus important d’Allemagne. © Tous les textes et documents disponibles sur ce site, sont, sauf mention contraire, protégés par une licence Creative Common. In our western European tradition we have a strong tendency to assume that literary value is inherent in literary works, that once « discovered » and acknowledged in a work it’s universal and there for good ; and since this value is confidently known to be present in our classics, those are the works which it seems most appropriate to teach and to study32. Des deux côtés de l’Atlantique on assiste à une présence des études francophones de plus en plus arrimées aux études postcoloniales. L’enseignement est tourné vers l’art du discours, servant une pédagogie de l’imitation des valeurs éternelles du bon goût telles que définies chez Aristote et Horace. Et quelle littérature l’histoire fait-elle advenir ou apparaître, sous la dir. (éd. BONN (Charles), « Pour un comparatisme français ouvert à la francophonie et aux métissages culturels. », Fabula-LhT, n° 8, « Le Partage des disciplines », mai 2011, URL : http://www.fabula.org/lht/8/veldwachter.html, page consultée le 01 février 2021. » (Mireille Rosello, Postcolonial Hosptitality, the Immigrant as Guest, Stanford, Stanford University Press, 2001, p. 31-32). Cette propriété du discours scientifique qui a pour effet de vérifier ou d’invalider un objet d’étude délimité, dresse par un autre endroit des barrières entre disciplines, faisant ainsi toute légitimité universitaire le résultat d’une véritable conquête de procédures opératoires permettant de s’assumer comme théorie. La littérature française comprend l'ensemble des œuvres écrites par des auteurs de nationalité française ou de culture française. The core question in our inquiry here is thus: What has been, what is, and what should be the relation between metropolitan French literary studies and Francophone literatures from around the world, Conseil Supérieur des Universités. Etablir la différence entre littérature et paralittérature. Il ne s’agit pas de prôner une coupure épistémologique radicale d’avec la pensée occidentale, mais bien de trouver une méthode de découvrir l’Autre qui implique que les démarches herméneutique et sémiologique telles que décrites par Foucault se rencontrent de plain-pied : Dès les années 1960, la « French Theory » amorcée par l’importation ou l’exil intellectuel de Barthes, Todorov, Lacan, Derrida et Goldmann, suivis par Genette, Foucault, Cixous, additionnée des travaux René Girard et de Paul de Man avait entamé les attributs de l’autorité établie. Enseigner la littérature revient à célébrer l’esprit de ses créateurs tout autant que le génie de la nation. Nombre d’entre eux sont loin d’être en reste comparés à la France en matière de conquête coloniale. DOUAIRE (Anne), « La francophonie », La traversée des thèses, Bilan de la recherche doctorale en littérature française du xxe siècle, sous la dir. 102, n° 3, 2002, p. 365-387. Sections of this page. 44  « En posant comme mode de périodisation la tryade précolonial, colonial et postcolonial, l’appareil conceptuel de la ‘critique postcoloniale’ a privilégié le rôle du colonialisme comme structurant principal de cette histoire de sorte que tout ce qui vint avant le colonialisme est sa propre préhistoire et ce qui survint après est réduit à être vécu dans un état de retombées perpétuelles. C'est la principale différence entre la langue et la littérature. La décomposition de l’espace autonome où producteurs luttent pour une autorité énonciative, tel que le décrit Bourdieu, est flagrante dans le domaine francophone. DEJEAN (Joan), Ancients against Moderns: Culture Wars and the Making of a Fin de Siècle, Chicago, University of Chicago Press, 1997. les littératures francophones convoient-elles des valeurs dignes de les constituer en discipline ? MARX (John), « Littérature postcoloniale et canon littéraire occidental », Penser le postcolonial, une introduction critique, sous la dir. Le succès national rencontré grâce à divers prix et consécrations d’auteurs tels Tahar Ben Jelloun, Patrick Chamoiseau, Mohamed Dib, Édouard Glissant, Kateb Yacine, Amin Maalouf a sans conteste aidé ce processus de développement. C’est à cette jonction que le système anglo-américain a su faire un usage de la littérature francophone à son bénéfice en ce qu’elle répondait aux attentes d’une approche interdisciplinaire, éclectique qui venait remplacer les modèles formels, « structuralistes », d’une théorie littéraire qui avait de plus en plus de mal à se maintenir face aux travaux de déconstruction des « grandes narrations ». Or is a new, global "French and Francophone" field emerging, with a new coherence of its own? These questions of course run parallel to social issues in France itself and in France’s relations to its former colonies and current Departements d’Outre-Mer and Territoires d’Outre-Mer: immigration, integration, nationalism, the attempt to form a sort of common-wealth under the aegis of francophonie, the rise of the European Union, and of course globalization. 15Hors de la région parisienne, Romuald Fonkoua observe qu’il se maintient à Lille III au sein de l’équipe d’accueil ALITHILA (Analyses littéraires et histoire de la langue) tout comme à Rennes II au sein de l’ERELLIF (Équipe de recherche sur la diversité linguistique et littéraire du monde francophone) un groupe de recherches en littératures francophones23. 21Parallèlement à celle de la définition, la question de la valeur des littératures francophones tient une place importante dans la détermination disciplinaire. Quelle est son utilité ? Les relectures et ré-écritures de Heart of Darkness de Conrad ou encore The Tempest de Shakespeare ont fait date. La question est de savoir si le mode opératoire suivant la transmission historique, générique et chronologique qui a gouverné l’enseignement littéraire en France depuis le xixe siècle est aujourd’hui capable de défendre les fondements d’un clivage au sein des littératures francophones, française incluse. ROSELLO (Mireille), Postcolonial Hosptitality, the Immigrant as Guest, Stanford, Stanford University Press, 2001. Plaidoyer en forme de polémique », [en ligne] http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/pour-un-comparatisme-francais-ouvert-a-la-francophonie-et-aux-metissages-culturels-plaidoyer-en-forme-de-polemique/. À Leiden, depuis la fin des années 1970, un centre de recherche en sociologie de l’Afrique noire édite le Journal of AfricanLanguages and Linguistics. Pareillement, cet enseignement doit chercher à s’inscrire dans la lignée idéologique dont s’enorgueillit l’institution politique de la  Francophonie même si elle cherche encore ses formes d’aboutissement, c’est-à-dire dans un dialogue et échange entre cultures, caractérisé par un refus des hiérarchies. Emmanuel Bouju, « Littérature et histoire », Les défis à l’institutionnalisation des lettres francophones, http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/pour-un-comparatisme-francais-ouvert-a-la-francophonie-et-aux-metissages-culturels-plaidoyer-en-forme-de-polemique/, http://www.univ-ag.fr/modules/resources/download/default/Fac_lettres/Brochures/Masterespagnol.pdf, http://www.etonnantsvoyageurs.net/img/pdf_achille_mbembe___francophonie_et_politique_du_monde_-5.pdf. On those rare occasions when society goes to war over cultural matters, the importance of literary debate should never be underestimated20. Le champ littéraire français a souvent distingué ces auteurs, par l’attribution d… 37, n° 2, 2001, p. 18. Elle sous-entend un jugement de valeur où son déficit symbolique est dû à la double distanciation de la littérature française induite par la suggestion implicite d’une littérature produite hors de France et, secondement, par une distinction entre francophonie du « Nord » et du « Sud ».Comme l’ont montré bien d’autres avant nous, le domaine littéraire français est si intimement lié au prestige de la nation et à son patrimoine, véritable co-extension de son identité, que craintes et réticences deviennent vertement manifestes à l’idée de troubler son homogénéité notoire par la venue d’écrivains et de textes nourris de cultures par trop dissemblables. 23Genre littéraire bâti sur  des héritages croisés, voire antagoniques, les littératures francophones présentent des formes de complexité particulières lorsque confrontées à l’appareil méthodologique « à la française ». de Musanji Ngalasso-Mwatha, Virginia Coulon et Alain Ricard, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2007, p. 239-248. The core question in our inquiry here is thus: What has been, what is, and what should be the relation between metropolitan French literary studies and Francophone literatures from around the world5? d’Anne Tomiche et de KarlZieger, PU Valenciennes, 2007, p. 169. Un langage d'autre part est un mode d'expression de la pensée au moyen de sons articulés. La littéraire française est aujourd’hui en devoir de s’ouvrir au trans-national : comment la France mesure-t-elle sa propre diversité et interprète-t-elle la pluralité culturelle revendiquée de ses écrivains? Au théâtre, Victor Hugo se manifeste comme un des chefs de file du Romantisme français lorsqu'il expose sa théorie du drame romantique dans les préfaces qui introduisent Cromwell en 1827, puis Hernani en 1830 qui sont de véritables manifestes, puis par ses autres œuvres dramatiques : Ruy Blas en 1838, mais aussi Lucrèce Borgia et Le Roi s'amuse.

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